Coller du Siporex, c’est bien plus facile qu’on ne le pense, à condition de respecter quelques règles essentielles. En quelques heures, vous pouvez monter une cloison légère, isolante et solide qui tiendra des décennies. Le secret ? Utiliser la bonne colle, préparer correctement votre support et vos blocs, puis appliquer un mortier-colle en joint mince avec une technique simple mais rigoureuse. Dans ce guide, vous découvrirez comment coller du Siporex étape par étape, quel produit choisir selon votre projet, et surtout les erreurs à ne jamais commettre pour éviter fissures et mauvaises surprises dans le temps.
Préparer correctement supports et matériaux pour coller du siporex

La préparation représente 50% de la réussite de votre projet. Un support mal préparé ou des blocs poussiéreux compromettent l’adhérence de la colle et la stabilité de votre cloison. Prenez le temps de ces vérifications simples : vous gagnerez en qualité de finition et éviterez les décollements, même après plusieurs années.
Comment vérifier que votre support est prêt à recevoir du béton cellulaire
Votre support doit répondre à trois critères fondamentaux : propreté, stabilité et planéité. Passez d’abord une brosse dure ou un aspirateur de chantier pour éliminer toutes les poussières. Vérifiez ensuite qu’il n’y a pas de traces d’huile, de cire ou de peinture écaillée qui nuiraient à l’accrochage. Si vous constatez des zones friables ou des anciennes peintures qui se détachent, piquetez-les au burin ou à la meuleuse.
Pour tester la planéité, utilisez une règle de maçon de 2 mètres : l’écart ne doit pas dépasser 5 mm sous la règle. Si votre support présente des creux importants, réalisez un ragréage au mortier adapté avant de coller vos blocs de Siporex. Un sol ou un mur bien plan permet de respecter l’épaisseur de joint recommandée et d’obtenir une cloison parfaitement droite.
Ajuster et dépoussiérer les blocs de siporex avant le collage
Avant de commencer à coller, contrôlez les dimensions de vos blocs avec un mètre : ils doivent être réguliers et correspondre à vos mesures. Si vous devez réaliser des découpes pour les angles ou les extrémités, utilisez une scie égoïne spéciale béton cellulaire ou une scie sabre avec une lame adaptée. Le Siporex se coupe très facilement, presque comme du bois tendre.
Après chaque découpe, passez systématiquement une brosse sur toutes les faces du bloc, particulièrement sur les chants qui recevront la colle. Cette étape paraît anodine, mais elle est cruciale : la poussière de béton cellulaire forme une pellicule qui empêche la colle d’adhérer correctement. Certains professionnels utilisent même un pinceau humide pour améliorer encore l’accrochage sur les blocs très poreux.
Gérer l’humidité, les pièces humides et le siporex en rénovation
Le Siporex est un matériau respirant, mais il craint l’humidité permanente par capillarité. Dans une salle de bain ou une cuisine, vérifiez d’abord qu’il n’y a pas de remontées capillaires depuis le sol : observez les plinthes existantes, cherchez des traces blanchâtres ou des zones friables en bas des murs.
En rénovation sur un support ancien, appliquez un primaire d’accrochage adapté si le mur est très poreux ou au contraire trop lisse (carrelage ancien par exemple). Dans les pièces humides, respectez impérativement une coupure de capillarité en bas de cloison : une bande résiliente ou un joint de désolidarisation empêchera l’eau de remonter dans vos blocs. Certains professionnels posent même une première rangée en parpaing traditionnel avant de monter en Siporex.
Choisir la bonne colle siporex selon votre projet et vos contraintes
Le choix de la colle détermine la solidité et la durabilité de votre montage. Entre les colles spécifiques en sac, les mortiers traditionnels et les solutions alternatives, les différences de performance sont importantes. Trois critères guident votre choix : le type d’ouvrage (cloison porteuse ou simple doublage), l’environnement (sec ou humide) et l’épaisseur de joint souhaitée.
Colle spéciale béton cellulaire ou mortier traditionnel, que privilégier
Les colles spécifiques pour béton cellulaire se présentent en sacs de 25 kg et sont formulées pour des joints de 1 à 3 mm. Elles offrent une excellente adhérence, limitent les ponts thermiques et garantissent une mise en œuvre conforme aux DTU. Des marques comme Weber, Sika ou Parexlanko proposent des références éprouvées qui ont fait leurs preuves sur des milliers de chantiers.
Le mortier traditionnel, même s’il fonctionne techniquement, présente plusieurs inconvénients : joints plus épais (5 à 10 mm), risques de fissures par retrait, et performances thermiques dégradées. Pour une cloison intérieure standard de 10 cm d’épaisseur, la consommation de colle spécifique est d’environ 3 kg par m². Avec un sac à 15 euros, vous collez environ 8 m² de surface, ce qui reste très économique par rapport au gain de qualité.
Peut-on coller du siporex avec de la colle carrelage ou MAP
La colle à carrelage n’est pas conçue pour reprendre les efforts mécaniques d’une cloison en blocs. Sa composition et son comportement au retrait diffèrent des colles spécifiques béton cellulaire. Vous risquez des fissurations dans les joints et une tenue incertaine dans le temps, surtout si la cloison doit supporter des charges (étagères, meubles suspendus).
Le mortier adhésif MAP peut dépanner pour coller ponctuellement du Siporex en doublage ou pour fixer quelques blocs de complément. Plusieurs artisans l’utilisent pour les petites retouches ou les angles. Mais pour monter une cloison complète de plusieurs mètres carrés, le MAP n’offre ni les performances ni la régularité d’application des colles dédiées. En cas de doute, consultez toujours la fiche technique du produit et vérifiez qu’il est compatible avec le béton cellulaire.
Épaisseur de colle, consommation et coût global de votre chantier
L’épaisseur de joint recommandée pour coller du Siporex se situe entre 1 et 3 mm maximum. Cette finesse optimise à la fois les performances thermiques et la consommation de colle. Pour respecter cette épaisseur, utilisez une truelle crantée avec des dents de 6 à 8 mm : en écrasant le bloc, vous obtenez naturellement un joint de 2 mm environ.
| Surface de cloison | Consommation colle (kg/m²) | Nombre de sacs 25 kg | Coût matière estimé |
|---|---|---|---|
| 10 m² | 3 kg | 2 sacs | 30 € |
| 20 m² | 3 kg | 3 sacs | 45 € |
| 30 m² | 3 kg | 4 sacs | 60 € |
Prévoyez toujours un sac de plus que le calcul théorique pour compenser les pertes et les retouches. Un sac entamé se conserve mal une fois ouvert : mieux vaut avoir un peu de marge que manquer de colle en plein chantier.
Méthode pas à pas pour coller du siporex proprement et durablement

La pose du Siporex demande de la rigueur mais reste accessible à un bricoleur averti. Vous allez monter votre cloison bloc par bloc, en vérifiant constamment les niveaux et en ajustant immédiatement les défauts. Suivez ces étapes dans l’ordre et prenez votre temps sur le premier rang : il conditionne la réussite de toute la cloison.
Préparer la colle pour siporex et organiser son poste de travail
Versez d’abord l’eau dans une auge propre, puis ajoutez progressivement la poudre de colle en respectant les proportions indiquées sur le sac (généralement 6 à 7 litres d’eau pour 25 kg). Mélangez au malaxeur électrique à vitesse lente pendant 3 à 4 minutes jusqu’à obtenir une pâte homogène, crémeuse et sans grumeaux. La consistance idéale rappelle celle d’un fromage blanc épais.
Ne préparez jamais plus de colle que ce que vous pouvez utiliser en 45 minutes : au-delà, elle commence à durcir et perd ses propriétés d’adhérence. Organisez votre espace de travail : placez vos blocs à portée de main, votre niveau à bulle et votre maillet à proximité, et gardez un chiffon humide pour nettoyer immédiatement les bavures de colle fraîche.
Comment appliquer la colle siporex et poser le premier rang de blocs
Le premier rang détermine la qualité de toute votre cloison. Tracez d’abord au cordeau ou au laser l’emplacement exact de la cloison au sol et aux murs. Étalez la colle sur le support avec une truelle crantée en formant des sillons réguliers sur une largeur légèrement inférieure à celle du bloc. Appliquez également de la colle sur le chant du premier bloc si celui-ci vient en appui contre un mur.
Posez le premier bloc en appuyant fermement et en effectuant de légers mouvements de va-et-vient pour chasser les bulles d’air. Vérifiez immédiatement le niveau dans les deux sens (horizontal et vertical) avec votre niveau à bulle. Ajustez la position au maillet caoutchouc tant que la colle reste fraîche : des petits coups secs permettent de déplacer le bloc de quelques millimètres. Poursuivez avec les blocs suivants du premier rang en appliquant systématiquement de la colle sur le support et sur le chant vertical de chaque nouveau bloc.
Monter les rangs suivants, croiser les joints et contrôler les alignements
À partir du deuxième rang, appliquez la colle sur la face supérieure des blocs déjà posés, toujours en sillons réguliers avec la truelle crantée. Déposez également de la colle sur la face inférieure du nouveau bloc et sur son chant vertical. Ce double encollage garantit un remplissage optimal du joint et une adhérence maximale.
Respectez impérativement le décalage des joints verticaux : chaque joint vertical doit être décalé d’au moins la moitié de la longueur du bloc par rapport au rang inférieur. Ce principe d’appareillage croisé répartit les charges et améliore considérablement la rigidité de la cloison. Tous les trois rangs environ, posez une règle de 2 mètres contre la cloison pour vérifier la planéité : vous devez pouvoir corriger immédiatement tout défaut avant que la colle ne durcisse.
Pour les hauteurs supérieures à 2,50 m, prévoyez un renfort horizontal (chaînage) ou des raidisseurs verticaux selon les préconisations du DTU 20.1. Dans les angles, alternez le sens des blocs pour créer un harpage solide qui lie les deux pans de mur.
Finitions, fixations et erreurs fréquentes avec le siporex à éviter
Une fois votre cloison montée, reste l’étape des finitions et des précautions pour les fixations futures. Le Siporex demande des produits et des techniques adaptés à sa structure alvéolaire. Anticiper ces questions dès maintenant vous évite des déconvenues lors de la pose de vos meubles ou de l’application de l’enduit.
Quel enduit, quelle peinture et quelles fixations sur du béton cellulaire
Pour enduire du Siporex, choisissez un enduit de lissage ou un enduit de rebouchage compatible avec les supports poreux et perméables à la vapeur d’eau. Les marques spécialisées proposent des enduits spécial béton cellulaire qui accrochent parfaitement et évitent les fissurations. Appliquez une première couche fine pour garnir les joints, puis une seconde couche de finition pour obtenir une surface lisse.
Concernant les peintures, privilégiez des peintures respirantes (acryliques microporeuses) qui laissent le mur réguler naturellement l’humidité de la pièce. Les peintures glycéro ou les revêtements étanches emprisonnent l’humidité et peuvent générer des désordres à long terme.
Pour les fixations, oubliez les chevilles classiques : elles ne tiennent pas dans la structure alvéolaire du Siporex. Utilisez des chevilles spécifiques béton cellulaire à expansion ou à bascule, ou des systèmes chimiques (résine) pour les charges importantes. Pour une simple étagère, une cheville métallique spéciale Siporex de 10 mm supporte facilement 30 kg. Pour un meuble de cuisine suspendu, préférez une fixation traversante avec scellement chimique ou une répartition des points de fixation.
Erreurs classiques à éviter absolument lorsque vous collez du siporex
L’erreur la plus courante consiste à appliquer des joints trop épais, souvent par manque de confiance dans la tenue de la colle. Des joints de 5 ou 10 mm fragilisent la cloison, créent des ponts thermiques et multiplient par trois la consommation de colle. Tenez-vous strictement à la règle des 2 à 3 mm maximum.
Autre piège fréquent : travailler avec une colle trop liquide ou déjà en début de prise. Si votre colle commence à former des grumeaux ou à durcir dans l’auge, ne rajoutez surtout pas d’eau pour la « relancer ». Jetez-la et préparez une nouvelle gâchée : une colle dégradée perd 50% de ses performances d’adhérence.
Enfin, ne forcez jamais les réglages au maillet une fois que la colle a commencé à prendre (après 15 à 20 minutes selon les conditions). Vous risquez de casser le bloc ou de rompre l’adhérence sans vous en apercevoir. Si un bloc est vraiment mal positionné après ce délai, mieux vaut le décoller complètement, nettoyer les surfaces et recommencer avec de la colle fraîche.
Comment réparer un bloc mal collé ou une cloison siporex fissurée
Si vous détectez un bloc mal positionné dans les 10 minutes suivant la pose, décollez-le délicatement avec un ciseau de maçon, nettoyez la colle résiduelle et reposez-le avec de la colle fraîche. Au-delà de ce délai, la colle est déjà partiellement durcie : un repositionnement fragiliserait l’ensemble.
Pour des microfissures superficielles dans les joints (souvent dues au retrait naturel de la colle), un simple rebouchage à l’enduit de lissage suffit après ouverture légère de la fissure en V. Appliquez l’enduit à la spatule, lissez et poncez après séchage.
En revanche, si vous constatez des fissures structurelles traversantes ou des décollements sur plusieurs blocs, le problème est plus sérieux : support instable, sous-dimensionnement de la cloison, ou absence de joints de dilatation. Dans ce cas, n’essayez pas de masquer le défaut avec de l’enduit. Faites diagnostiquer la cause par un professionnel et envisagez une reprise partielle ou totale du tronçon défectueux. Une cloison mal montée ne se « rattrapera » jamais vraiment avec de simples finitions cosmétiques.
Coller du Siporex reste une opération simple et accessible, même pour un premier projet, à condition de respecter les règles fondamentales : préparation soignée des supports, choix d’une colle adaptée, application en joints minces et contrôles rigoureux à chaque rang. Avec ces bonnes pratiques, vous obtenez une cloison durable, plane et parfaitement stable qui traversera les années sans désordres. N’oubliez pas que le temps consacré à la préparation et aux vérifications représente le meilleur investissement pour la qualité finale de votre ouvrage.
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